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Chapitre 1 : La curiosité avant tout.

Je n’ai pas grandi en poursuivant un seul rêve. Je poursuivais ce qui me faisait me sentir vivante. Une semaine, je construisais des forums. La suivante, je bidouillais des rigs 3D, je faisais des logos, je dessinais de faux UI, je créais des outils random comme des auto-clickers, parce que trader 200 items à la main dans un jeu ? Non merci. Je n’allais pas sacrifier ma souris pour du loot virtuel. Ou coder des boutons qui clignotaient sans rien faire. Certains jours, je retouchais des bannières pour des gens que je n’avais jamais rencontrés sur des forums, juste parce que c’était fun. Pas de grand plan. Pas de mentor. Juste une connexion internet, un dossier plein d’expériences, et un esprit qui ne s’arrêtait jamais. Je n’essayais pas “d’être designer”. Je voulais juste créer des trucs. Des trucs bizarres. Des trucs cool. Parfois des trucs nuls. Mais c’était les miens.

C’est comme ça que j’ai appris. En créant des choses que je ne comprenais pas encore totalement. En utilisant des outils pour lesquels je n’étais pas “qualifiée”. En suivant mon instinct plutôt que les règles. Je ne savais pas où ça me mènerait. Mais je savais que je ne pouvais pas m’arrêter.

Et si je suis honnête ? J’étais juste une gamine quand tout a commencé. Onze, peut-être douze ans, autour de 2008-2009, quand j’étais totalement accro à Habbo. Et quand je dis totalement, je le pense vraiment. Oui, j’ai regardé la série Habbo. Oui, j’avais un crush sur Habbo Grober, ne me juge pas. C’est aussi à ce moment-là que j’ai découvert le pouvoir terrifiant et incontrôlable de Paint. Pas Photoshop, non. Paint. Le vrai. L’original.

J’étais là à recréer des scènes complètes de Grober pixel par pixel, comme si c’était un vrai job sérieux. Le résultat ? Horrible. Mais j’étais investie. À cette époque, il se peut aussi que j’aie fait des signatures de forum ultra brillantes… on n’en parle pas. J’étais debout bien après l’heure du coucher, à éditer jusqu’à ce que les oiseaux commencent à chanter dehors. Pas de client. Pas de brief. Juste une obsession pure et un dossier nommé “tests” rempli de chaos et de compression JPEG.

Parfois, je fonçais à fond. D’autres années, je faisais une pause. Mais peu importe la durée du break, je revenais toujours. Même feu. Même envie d’explorer plus loin et de faire mieux. Avec le recul, ce chaos était la base. Il m’a appris à m’adapter, explorer, casser les schémas et construire à partir de rien. C’est comme ça que ça a commencé. Pas avec de la confiance. Mais avec de la curiosité, du chaos et un peu de magie têtue. Parce que je n’ai pas attendu la permission d’essayer. J’ai juste essayé. Encore et encore.

Et à travers tout ça, j’ai appris une chose :

La créativité ne demande pas la permission, elle demande de l’engagement. C’est toujours comme ça que j’avance : à l’instinct, avec le cœur, sans freins.

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