
J’ai jamais eu un plan clair en tête. J’ai surtout suivi ce qui m’attirait sur le moment.
Un jour je montais des forums, le lendemain je testais des trucs en 3D, je faisais des logos, des interfaces bricolées, ou des petits scripts pas très propres, mais utiles. Des auto-clickers, par exemple, parce que refaire 200 fois la même action dans un jeu, très peu pour moi.
Je codais pas pour faire joli. Je codais pour que ça fonctionne. Et parfois juste pour comprendre comment ça marchait.
Je passais aussi du temps à faire des bannières pour des gens que je connaissais même pas, sur des forums. Pas par stratégie, pas pour apprendre un métier. Juste parce que j’aimais ça.
Il n’y avait pas vraiment de cadre. Pas de méthode. Juste internet, beaucoup de tests, pas mal d’erreurs, et l’envie constante d’essayer autre chose.
Je ne cherchais pas à devenir designer ou développeuse. Je cherchais juste à créer. À bidouiller. À comprendre.
À faire des trucs parfois bancals, parfois cool, parfois complètement inutiles, mais qui m’appartenaient.
C’est comme ça que j’ai appris. En faisant des choses que je ne comprenais pas encore complètement. En utilisant des outils pour lesquels je n’avais pas, en théorie, le bon profil.
En écoutant mon instinct plutôt que des règles établies. Je ne voyais pas encore la destination.
Mais je savais que ce mouvement-là faisait partie de moi.
Et si je suis honnête, tout a commencé quand j’étais encore une enfant. Onze ans, peut-être douze. Autour de 2008–2009. À l’époque, j’étais complètement accro à Habbo. Et quand je dis accro, c’était sérieux. Pour les vrais : oui, j’ai regardé les séries Habbo. J’aimais bien le concept de Habbo Grober, ça m’amusait.
Mais surtout, c’est à ce moment-là que j’ai découvert la puissance de Paint. Pas Photoshop. Paint. L’OG.
Je passais des heures à recréer des scènes de Grober, pixel par pixel, comme si ma vie en dépendait.
Le rendu ? Horrible.
L’implication ? Totale.
À la même époque, j’ai aussi produit quelques signatures de forum très… brillantes. Restons discrets là-dessus. Je passais mes nuits à retoucher, bien après l’heure du coucher, jusqu’à entendre les oiseaux dehors. Pas de client. Pas de brief. Juste une obsession sincère, et un dossier “tests” rempli de chaos et de JPEG trop compressés.
Parfois, j’y allais à fond. D’autres années, je mettais tout en pause. Mais peu importe la durée de la coupure, je revenais toujours. Même énergie. Même envie d’explorer plus loin et de faire mieux. Ce chaos, avec le recul, était une fondation. Il m’a appris à m’adapter, à explorer, à casser les habitudes et à créer à partir de rien. Tout a commencé là. Pas avec de l’assurance.
Mais avec de la curiosité, du désordre, et une certaine forme d’entêtement. Parce que je n’ai pas attendu qu’on me donne la permission d’essayer. J’ai juste essayé. Encore. Et encore.
Et à travers tout ça, j’ai appris une chose :
La créativité ne demande pas la permission. Elle demande de l’engagement.
Et aujourd’hui encore, c’est comme ça que j’avance : à l’instinct, avec le cœur, sans freiner.
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